
« Factures-loyers, tout augmente », « Tout est cher, trop cher », « On veut plus de pouvoir d’achat » voilà les pancartes qu’on pouvait lire dans les quotidiens locaux au lendemain de la manif du 4 octobre. Quoi de plus normal - nous direz-vous - puisque c’était une manif pour l’emploi, la défense du pouvoir d’achat et contre la politique du gouvernement.
Le souci est que ces pancartes étaient tirées de la publicité pour une chaîne de supermarchés ! Ainsi en première page, la manif avec sa traditionnelle photo de cortège syndical et en dernière page, la pub couleur grand format... De là à dire que cela ne sert plus à rien de manifester puisque grâce à Édouard, Michel et Cie. on peut revendiquer en allant faire ses courses, il y a un pas - grand, petit, très petit ? - que nous ne franchirons pas dans ses colonnes !
Dans un cadre unitaire au niveau syndical, ce sont plus de 30 000 personnes qui ont manifestées dans les rues de Nantes (12 000 à 15 000 à Saint-Nazaire, et 700 à 1 000 à Châteaubriant), ce qui constitue un score honorable. Et si les bataillons du public étaient majoritaires il y avait aussi des salarié-e-s du privée y compris de petites boîtes.
Au-delà de ce constat numérique on ne pouvait que relever la morosité du cortège en dehors de l’initiative Place des résistances et de celle de la chorale Le mystère des voix de garage qui venait saupoudrer d’une note musicale le ton de la manifestation.
Parmi ceux et celles qui continuent de descendre dans la rue pour marquer le coup, nombreuses sont les personnes qui ne doivent plus y croire. Il faut dire qu’il y a de quoi être démoralisé-e après les deux millions de personnes dans la rue en 2003 qui n’ont rien fait changer.
À l’heure où les motifs de mécontentement sont multiples et où il y a des luttes dans de nombreuses entreprises, on ne sent aucune colère, aucune violence dans cette manif, alors qu’autant de personnes ensemble, cela peut constituer une force collective incroyable.
Pour autant, si une majeure partie des gens qui sont dans la merde et qui survivent ne sont pas là, il y a une certaine solidarité dans l’air, une conscience que « ça peut arriver à tout le monde » et qu’on manifeste aussi pour les autres, pour les précaires, pour les grévistes de la SNCM, etc.
Face à cette absence de perspective, cette absence de camp à défendre (la gauche, la droite, le Medef c’est la même chose ou presque), certain-e-s à gauche et à l’extrême gauche continuent de nous faire croire que la solution est dans les urnes.
À nous de proposer et construire autre chose !
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